shadows

Famous Blue Raincoat

hier à 16h11
Cette musique me hante depuis plusieurs jours....
Place au maître Léonard Cohen.

"And what can I tell you, my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way"

"If you ever come back, your enemy is sleeping and his woman is free...."


Il est 4h du matin, la fin du mois de décembre
Je t’écris juste pour savoir si tu te sens mieux
Il fait froid à New York, mais j’aime là où je vis
Il y a de la musique dans la rue de Clinton jusqu’au bout de la nuit

J’ai entendu dire que tu construisais ta petite maison au fin fond du désert
Que tu vivais pour rien maintenant, j’espère que tu conserves une trace…

Ah oui, Et Jane est revenue avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donné
Cette nuit où tu avais prévu de tout mettre à plat
As-tu jamais tout mis à plat ?

Ah, la dernière fois qu’on t’a vu tu avais l’air tellement plus vieux
Ton fameux manteau bleu était déchiré à l’épaule
Tu as été à la gare pour chaque arrivée de train
Mais tu es revenu à la maison sans Lili Marlène

Et tu as traité ma femme comme si elle n’était rien dans ta vie
Et quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

Et je te vois, toi, ici avec une rose entre les dents
Un nouveau petit vol de pacotille
Tiens, Jane est réveillée…

Elle te dit bonjour…
Et que pourrais-je te dire, mon frère, mon meurtrier
Que pourrais-je bien te dire ?
Je suppose que tu me manques, je suppose que je te pardonne
Je suis heureux que tu te sois présenté au travers de mon chemin

Si tu reviens un jour, pour Jane ou pour moi
Sache que ton ennemi est endormi et que sa femme est libre

Oui, merci, pour le noir que tu as enlevé de ses yeux
Je pensais qu’il était là pour toujours alors je n’avais jamais essayé

Ah oui, Et Jane est revenue avec une mèche de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avait donné
Cette nuit où tu avais prévu de tout mettre à plat
Bien à toi, L Cohen.

et plouf

le 01/07/2008 à 18h52
Cette gamine assise en pleurs que chagrinent de trop grands malheurs, les grandes s'amusent sans elle, exclue de la bande, elle reste toute seule. Une qui commande, des favorites, il parait qu'elle est trop petite, à la marelle y'a des V.I.P., dans les maternelles comme en boîte de nuit. Mais faut pas pleurer, ça va s'arranger...

Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ?

Le plus triste, le plus dommage, elle le sait pas et c'est de son âge, mais elle-même un jour elle fermera sa porte quand à son tour elle sera la plus forte... Ce garçon assis dans un coin, quinze ans, la tête dans les mains, premier amour, premier chagrin, comme le shampoing, la formule deux en un.Il a beau dire que c'est pas grave, jouer les hommes, faire le brave, la savoir dans les bras d'un autre, ça lui brise le coeur, ça lui ronge le ventre... Mais faut pas pleurer, ça va s'arranger...

Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ? Toute la vérité, rien que la vérité ? Est-ce que tu voulais que j'lui dise, que ça ne f'ra qu'empirer ?

Qu'il a pas fini de pleurer, qu'la leçon n'est jamais apprise, mais si ça peut le rassurer, lui-même un jour fera sa valise. Cette femme qui cache ses pleurs, le café coule dans la cuisine, son patron n'était pas fier, faut dégraisser, drôle de régime. Chemise cartonnée, demandes de formations, dossiers bien classés, lettres de motivation, d'un geste elle balaye de tristesse et de rage les fiches de paye, les demandes de stages.

Qu'est ce que tu voulais que j'lui dise ?

Puisqu'elle savait déjà, elle le savait mieux que moi, que ça ne va jamais s'arranger, que ça ne f'ra jamais qu'empirer. Ce vieil homme fatigué d'Algérie, qui regrette son Maghreb jour et nuit, tout juste toléré aujourd'hui, faut dire qu' ça fait que trente ans qu'il est ici. Qu'il ne sera jamais propriétaire, qu'il occupe une chambre de bonne, au pays de Voltaire, au pays des lumières et des droits de l'homme. Ce sans-papiers rejeté qui repart, sans même dire au revoir, sans nous dire merci pour le billet de charter gratuit vers la misère de son pays. ça le soulagera sûrement d'apprendre, et faudrait quand même pas qu'il oublie qu'on a gravé Fraternité sur le fronton de nos mairies. Ce taulard emprisonné dans une cellule à six, il devrait en profiter parce que bientôt ils seront dix. Ce malheureux qui dort sur une ventilation de métro, il s'en fout de savoir que je le chante pas assez fort et beaucoup trop faux.

Qu'est ce que tu voulais qu'ils me disent ?

comme chaque fois...

le 29/06/2008 à 21h40
Soirée electro de fou vendredi soir, j'ai laissé mes pieds sur le dance floor, Jennifer Cardini est une reine absolue...
"Je sue mais j'm'en fous".

Et cette chanson représente assez bien ce week end, clôturé par un dimanche au soleil allongée dans l'herbe avec Gaume et et Poupou, en triangle, le ventre torturé par les redescentes de patators, les hommes encore saouls...

"la musique" - Riot in Belgium

Voici le commencement d’une histoire
Et je me surprends à croire et à vouloir
Je mets ma bouche avec toi
J’enfile mes bas de soie noir,
Un peu de rouge à mes lèvres
Du rimmel sur mes yeux,

Mon cœur bat, mon cœur bat.
Je touche la sueur des autres
J’ te vois embrasser une autre, une autre, une autre.
Oh !

Je rigole à souhaits
Et je me dirige au bar, une vodka une téquila, et voilà, et voilà.
L’histoire qui finit, tant pis, la musique elle me sourit et je ferme les yeux,
L’hôtesse se barre, j’m en balance, la musique…

Electronique, électronique, électronique…


Au son de la rythmique
Les onde sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques
Les voix sont ahhhhhhhhhhhhhhh !

Au son de la rythmique
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique....

La musique...

Au son de la rythmique
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique,

La musique arythmique,
Les ondes sont platoniques,
Les voix sont atomiques, la musique, la musique, …

la lettre

le 27/06/2008 à 14h33
La lettre est arrivée ce matin. Elle ne l’a pas ouverte encore.
Elle est rentrée, a vu tout de suite dans le courrier ce timbre significatif. L’adresse tapée par ordinateur.
Ça ne veut rien dire, elle le sait. Il se peut simplement qu’il n’ait plus eu le temps et c’est le régiment qui s’est chargé de l’envoi. Ça ne veut rien dire de plus.

Elle est rentrée dans la cuisine, jeté le courrier sur la table de l’entrée. Les bras chargés de ses courses, elle perd son temps à ranger les produits les un après les autres. Anesthésiée. Un paquet après l’autre, un placard après l’autre.
Dans sa tête, elle se fait des scénarios. Les nouvelles qu’il va lui apprendre, lui qui n’a pas le droit de parler. Ce qui se passe au quotidien dans la caserne à défaut de ce qui se passe au quotidien dans sa vie.
Elle sait déjà qu’il ne parlera pas des balles qui sifflent, qu’il ne parlera pas de Mathieu qui a été blessé il y a dix jours. Ni d’Aurélien et de ses hommes qui ont été pris en embuscade et qui sont morts il y a un mois.
Un mois, déjà. Un mois qu’elle n’a pas reçu de lettres de lui. Il l’appelle parfois mais là non plus, il ne dit rien. Il n’a rien le droit de dire.
Les mauvaises nouvelles, elle les apprend le soir avec les autres femmes, lorsqu’elles se réunissent, dès que l’une d’entre elles a reçu la lettre fatidique. Celle avec le timbre de l’armée, et l’adresse dactylographiée.
Aurélien et ses six hommes. Le même régiment que lui. Les patrouilles de jour, qui sont finalement un peu plus dangereuses que les patrouilles de nuit.

Elle pense à sa façon de conclure ses lettres, à chaque fois. « Mienne, tiens à jamais ».
Elle n’a jamais vraiment aimer ce « A jamais », elle aurait préféré un « pour toujours », mais en même temps, de quoi se plaint-elle ?
En rangeant la cuisine, elle imagine la chaleur qu’elle ressent à chaque fois qu’elle le lit. Et puis elle revoit l’enveloppe, impersonnelle. Un frisson la saisit… Mais il n’y a aucune raison. C’est un bon soldat, un des meilleurs. Elle devrait aller ouvrir la lettre au lieu de perdre son temps. Elle ne voit rien de ce qu’elle fait, elle l’imagine juste, lui qu’elle aime tant, seul là bas, au milieu de ces hommes qui veulent simplement le tuer, entouré de barbelés et de mitraillettes. Lui qui porte son arme pour défendre les autres.

Les heures s’égrainent, et la lettre toujours attend sur la table. Elle erre dans la maison, range, fait le ménage. A 16h elle part chercher Alison à la crèche. La petite à l’habitude de grandir sans son père. Ça fait bientôt huit mois qu’il est là bas, et elle n’a que deux ans… c’est presque la moitié de sa vie sans son père.
Alors que le bébé se couche, peut être un peu plus tôt que d’habitude, elle reçoit quelques coups de téléphones. Ses amies viennent donner les dernières nouvelles reçues.
Stéphane sera rapatrié prochainement à cause d’une blessure à la jambe, Marie n’en peut plus de joie, il ne repartira pas tout de suite. Peut être même jamais, si tout ça se finit bientôt.
Elle explose de joie avec les autres, elle en appelle pour partager la bonne nouvelle. Les femmes de ce régiment sont solidaires, en l’absence de leurs hommes.
Rien ne les relie pourtant, rien d’autre que l’absence et la peur.

Alors que la fin de la journée approche, elle regarde fixement les minutes défiler sur le réveil. La lumière rouge l’hypnotise. Elle n’a l’impression de penser à rien, mais pourtant une idée fixe monopolise tout son être. Elle doit aller ouvrir cette lettre. Elle doit absolument la lire, sinon jamais elle ne pourra dormir.
Peut être est-ce juste la peur de ne plus jamais pouvoir dormir après l’avoir lu qui la paralyse.

En chemise de nuit, les cheveux défaits, elle se décide à sortir du lit et à retourner dans la cuisine.
La lettre est là, elle n’a pas bougé. Elle ne la regarde même pas et va se préparer un thé. Tournant le dos à la petite table, comme si ainsi elle pouvait nier son existence.
Le thé refroidi dans la tasse qu’elle n’a pas bu, elle ne quitte plus des yeux cette lettre. Retardant l’instant, savourant à l’avance les mots de son amour. Niant la possibilité que la lettre ne soit pas de lui.

Toute la nuit, grelottante dans sa chemise de nuit, les pieds nus sur le carrelage, elle reste assise sur cette chaise. Le froid ne l’atteint pas, elle est bien trop loin dans ses pensées. Elle se rappelle leur vie rêvée, la naissance d’Alison, les barbecues dans le jardin dès le printemps. Les amis si nombreux et les dîners sur la grande table du jardin, sous le cerisier. Le paradis, le paradis perdu il y a huit mois.

La lumière de l’aube la tire de sa torpeur. Elle pose sa tasse froide et pleine, se déplie de sa chaise, sans faire attentions aux crispations et aux tensions de son corps, et s’approche de la petite table.
De ses doigts tremblants, elle saisit l’enveloppe. Il faut juste qu’elle ne pense pas, qu’elle l’ouvre et lise les premiers mots, d’un trait.
Brusquement, elle déchire l’enveloppe et sort la lettre. Elle doit la lire, maintenant.

© isie

The Kill

le 25/06/2008 à 16h06
Parce que le clip m'éclate en faisant référence à ce film culte... et les paroles sont... appropriées :)



The Kill - 30 seconds to Mars

What if I wanted to break
Life and I'll laugh in your face
What would you do ?

What if I fell to the floor ?
Couldn't take this any more
What would you do ?

Come break me down!
Bury me, bury me!
I am finished with you!

What if I wanted to fight
Beg for the rest of my life
What would you do ?

You say you wanted more
But I'm waiting for
I'm not running from you

Come break me down!
Bury me, bury me!
I am finished with you!
Look in my eyes!
You're killing me, killing me!
All I wanted was you!

I tried to be someone else
But nothing seemed to change
I know now, this is who I really am inside!
Finally found myself! Fighting for a chance I know now,
THIS IS WHO I REALLY AM!

Come break me down!
Bury me, bury me!
I am finished with you!
Look in my eyes!
You're killing me, killing me!
All I wanted was you!
Come break me down!
Break me down, break me down!

What if I wanted to break ?


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